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Novel ‘Le Sang du Pouvoir’ by Hubert Kolani delves into African power

Le Sang Du Pouvoir the novel.

Photo by Hubert Kolani. Used with permission.

In spaces where freedom of expression is under threat, criticism seldom leads to meaningful change. As journalists and essayists face significant risks in addressing the inner workings of power, fiction offers an alternative solution.

This is the gamble Hubert Kolani, a trained lawyer and young Togolese author, took with his first novel, “Le Sang du Pouvoir” (The Blood of Power). In this French-language novel, he candidly explores the concerning inner workings of African politics, which he calls “dark politics”: power struggles, human sacrifices, and the murky links between power and spirituality.

The author describes his novel as a space of freedom where shameful truths materialize through fictional characters. He explained to Global Voices that “Le Sang du Pouvoir,” the first in a series of novels, tells the story of a strong, complex female figure who rejects the misery all too often associated with African stories.

Jean Sovon (JS): Why did you choose a novel to address political power in Africa?

Hubert Kolani (HK): Je pense que le roman reste un excellent moyen de parler de sujets aussi sensibles que le pouvoir politique en Afrique. Il laisse à l’auteur une liberté de parole que l’essai ou le journalisme ne donnent pas. Je peux dire que la fiction est pour beaucoup d’auteurs un bouclier. Elle permet de dire des vérités sans désigner nommément des acteurs et de raconter des réalités que les gens vivent sans oser forcément les formuler. Le romancier est dans ce cadre-là, un peu plus protégé. Le journaliste doit quant à lui toujours se référer à des faits vérifiables. L’essayiste doit prendre clairement position sur son sujet. Le roman fait appel à des personnages imaginaires dont les douleurs, les peurs, les aventures sont pourtant bien réelles. La fiction permet d’aller là où ni le journaliste ni l’essayiste ne peuvent aller, surtout lorsque qu’on essaie de décrire le côté un peu sombre du pouvoir politique en Afrique, sujet alambiqué dont le roman peut plus facilement capter la complexité.

Hubert Kolani (HK): I believe novels are an excellent way to address subjects as sensitive as political power in Africa. They give authors the freedom of expression that essays and journalism don’t. Fiction is a shield for many authors. It helps us tell hard truths without naming names and share people’s lived realities without daring to explicitly state them. On that basis, novelists are slightly more protected. Meanwhile, journalists must always refer to verifiable facts. Essayists must take a clear stance on their subject. Novels use imaginary characters whose suffering, fears, and experiences are very much real. Fiction allows us to go where no journalist or essayist can go, especially when describing the darker side of political power in Africa. Novels can more easily capture the complexity of the matter.

JS: Does your novel say things that another format couldn’t?

HK : Oui, absolument. Et c’est pour cette raison en particulier que j’ai choisi de devenir romancier. Parler de sujets politiques sous certains cieux c’est se dessiner une cible dans le dos. Dans nos sociétés africaines, la parole publique est souvent surveillée, canalisée. Un journaliste qui enquête sur les arcanes du pouvoir prend des risques, un essayiste qui parle de ce genre de sujets peut se voir censurer. Le roman reste une histoire qui peut être lue et discutée sans que personne ne soit directement mis en cause. Ce que la parole contrainte a empêché de dire hier, la fiction peut le dire aujourd’hui.

HK: Yes, absolutely. This is the very reason I became a novelist. Addressing political matters puts a target on your back in some places. In our African societies, public discourse is often monitored and controlled. Journalists take risks investigating the inner workings of power, and essayists may be censored when addressing these matters. A novel remains a story people can read and discuss without any direct implications. What controlled dialogue prevented us from saying yesterday, fiction can say today.

Photo of Hubert Kolani. Used with permission

Photo of Hubert Kolani. Used with permission

JS: What themes does your novel cover?

HK : Au-delà, des intrigues politiques, des amitiés brisées et des choix déchirants, vous trouverez dans ce roman la résilience féminine. C’est un clin d’œil à la femme africaine, forte et déterminée capable de surmonter les pires épreuves pour sauver sa vie et celle de sa famille. Je parle aussi du mysticisme dans sa forme la plus noire et la plus horrible. Il s’agit d’une réalité vécue, et très souvent tue, et loin d’un folklore pittoresque. Dans la politique africaine le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache. J’ai abordé également l’amour, un puissant amour maternel et un fort amour charnel. Que serions-nous dans ce monde de brutes sans un peu d’amour ?

HK: Aside from political intrigue, broken friendships, and tough choices, you will find womens’ resilience in this novel. It’s a tribute to the strong, determined African women who can overcome the toughest hardships to save their lives and those of their families. I also address mysticism in its darkest, most horrific form.

It’s a lived reality, often kept quiet, that’s a far cry from quaint folklore. In African politics, power isn’t granted; it’s seized. I also dealt with love: powerful maternal love and strong carnal love. What would be in this cruel world without a little love?

JS: Does your generation see political power differently from the last?

HK : Ma génération s’intéresse déjà bien plus au sujet politique et le conçoit dans une approche bien différente de la génération passée. La génération de nos pères a longtemps pensé la politique comme une affaire de fidélité communautaire. Ils ont grandi dans un système où la parole critique se faisait rare et où le silence était une forme de protection. Notre génération, grâce à l’avènement d’internet et des réseaux sociaux voit ce qui se passe ailleurs, compare et questionne et n’est plus dans l’acceptation silencieuse. Dans ce roman, je définis la politique de deux manières: concrètement en terme d’organisation de la société et de recherche de l’intérêt commun, et de façon plus abstraite, en y décrivant les luttes d’influence, les douleurs, les sacrifices, les peurs, et les liens que la politique a avec la spiritualité en Afrique. En un mot: la Dark-politique: ce sujet est souvent évoqué tel des murmures dans des vases clos, j’ai voulu à travers cette œuvre , m’en faire l’écho.

HK: My generation is much more interested in politics and approaches it differently from the last generation. Our fathers’ generation has long considered politics a matter of community loyalty. They grew up in a system where criticism was rare, and silence was a form of protection. Our generation, through the rise of the internet and social media, sees what’s happening elsewhere, compares and questions it, and no longer silently accepts it.

In this novel, I describe politics in two ways. Concretely, in terms of the organization of society and the common good, and more abstractly, in describing the power struggles, suffering, sacrifices, fears, and the links between politics and spirituality in Africa. In a nutshell, dark politics. I wanted to share this issue, often whispered behind closed doors, through this novel.

JS: What picture did you paint of Africa?

HK: Beaucoup font l’erreur de ne décrire à propos de l’Afrique que du misérabilisme, des crises, du sous-développement, de la pauvreté, du pessimisme, de la noirceur. Ces maux, certes, minent le quotidien de la plupart des Africains, mais notre génération rêve d’une Afrique nouvelle, riche et prospère. Une Afrique dans laquelle chaque Africain pourra vivre ses rêves – un rêve qui ne soit pas une vie en Occident, fusse-t-elle médiocre. J’évite donc de décrire cette Afrique pauvre et enrhumée de douleur. Je reste convaincu que l’Afrique est un continent de vie. C’est pour cela qu’à travers cette œuvre, vous découvrirez des personnages qui rient, qui aiment, qui doutent, qui rêvent. Vous y trouverez des familles, des amitiés, de la complicité, de l’amour. La dame de fer qui donne son titre à ce premier tome n’est pas seulement une figure de force et de détermination, c’est une femme avec ses fragilités, ses blessures, ses contradictions. A travers elle, je montre également que le pouvoir ne transforme pas forcément en monstres ceux qui le détiennent comme beaucoup le pensent, mais plutôt que le pouvoir fait naître en certains de ceux qui l’exercent, de nouvelles personnes perverties par des systèmes. J’ai toujours voulu être cet écrivain qui cherche à comprendre avant de juger, qui veut montrer la complexité avant de condamner.

HK: Many make the mistake of only discussing the misery, crises, underdevelopment, poverty, pessimism, and bleakness within Africa. Although these problems undoubtedly hinder the daily lives of most Africans, our generation dreams of a new, wealthy, prosperous Africa. An Africa where all Africans can live their dreams, a dream that is not of a life in the West, however mediocre it may be. Therefore, I avoided talking about this poor Africa, full of suffering.

As I continue to believe Africa is a continent with life, you will find characters in this novel who laugh, love, doubt, and dream. You will find families, friendships, bonds, and love. ‘The Iron Lady,’ who gave this first volume its title, isn’t only a figure of strength and determination, but a woman with fragilities, scars, and problems. Through her, I also show how power doesn’t necessarily turn those holding it into monsters, as many think. Instead, it creates a new individual corrupted by the system in some cases. I have always wanted to be the author who seeks to understand before judging, showing the complexity before condemning.

JS: Does your novel aim to change readers? 

HK: Si ce roman a vocation à changer une chose dans l’esprit des lecteurs, c’est tout d’abord leur mentalité ; notre façon à nous tous de concevoir la politique. L’ouvrage n’a pas vocation à donner de leçon mais de transformer notre société pour la rendre plus juste, plus libre, plus fraternelle. La Dark-politique est un univers de violence, de massacres, de tueries, de peines et de douleurs mais en même temps, le lecteur y trouve les aspirations enfouies d’un homme profondément amoureux de l’Afrique. Ce livre espère toucher les cœurs pour que tous ensemble nous essayons de redonner un peu d’humanité au paysage politique en général et africain en particulier. La politique doit rester un débat d’idées dans la construction du destin collectif.  Il s’agit donc d’un livre qui décrit la réalité crue du pouvoir, le côté sombre de la politique africaine, dans un univers romanesque enivrant et haletant. Une merveilleuse histoire qui tient en haleine de la première à la dernière page. Le roman invite à la réflexion, au débat et peut-être à une forme de guérison par la parole.

Quelqu’un m’a dit un jour que “le pouvoir se paie toujours d’un prix”, “Qu’on ne fait pas de la politique pour aller au paradis”: que chacun y comprenne ce qu’il peut. Pour moi, Le sang du pouvoir reste simplement une histoire, et à chacun d’y trouver sa propre vérité.

HK: If this novel aims to change anything in readers’ minds, it’s their way of thinking; our way of looking at politics. The book doesn’t aim to lecture, but to transform our society, making it fairer, freer, and more fraternal. Dark politics is a world of violence, massacres, killings, sorrow, and hardship, but at the same time, readers discover the hidden ambitions of a man deeply in love with Africa. This book aims to touch hearts so we can try to restore some humanity in the overall political landscape, and Africa in particular.

Politics should remain an exchange of ideas to build a collective future. This book, therefore, describes the harsh reality of power, the dark side of African politics, in an exhilarating and breathtaking novelistic world. A wonderful story that keeps us hooked from the first page until the last. The novel encourages reflection, discussion, and perhaps a form of healing through words.

Someone once told me that ‘power always comes at a price’ and ‘we don’t go into politics to get to heaven.’ Let everyone make of that what they will. For me, ‘Le Sang du Pouvoir’ is just a story, and it’s up to everyone to find their own truth in it.

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